Thérèse CASGRAIN

Thérèse CASGRAIN

1980 Social Social

Thérèse Casgrain est née à Montréal le 10 juillet 1896. Elle est la fille de lady Blanche MacDonald et de sir Rodolphe Forget, avocat, financier, homme politique conservateur et philanthrope. Elle épouse le 19 janvier 1916 l'avocat Pierre-François Casgrain, qui fut député fédéral de Charlevoix—Montmorency et de Charlevoix—Saguenay puis président de la Chambre des communes et secrétaire d'État dans le gouvernement King. Ils ont eu deux fils et deux filles (Rodolphe, Hélène, Paul et Renée).

Toute sa vie, elle participe à des activités politiques, sociales et syndicales : après la Première Guerre mondiale, elle siège au Conseil fédéral du salaire minimum; dans les années 1920, elle plaide en faveur de nombreuses réformes, dont la principale est l'obtention du droit de vote pour les femmes; elle préside la Ligue des droits de la femme de 1928 à 1942; elle fonde la Ligue des jeunes francophones, les Charités fédérées francophones et la Société des concerts symphoniques de Montréal; elle fait partie du Conseil de la santé au Canada et du Conseil canadien du développement social; durant la Seconde Guerre mondiale, elle aide à mettre sur pied la Commission des prix et du commerce en temps de guerre, puis contribue à la fondation de la Division de la consommation de cette commission; elle est nommée officière de l'Ordre de l'Empire britannique pour ses services en temps de guerre; elle fonde en 1961 la division québécoise du mouvement la Voix des femmes, dédié à la paix dans le monde.

Elle est connue pour avoir dirigé le mouvement pour le vote des femmes au Québec avant la Seconde Guerre mondiale. Elle commence à s'impliquer en 1921 et la victoire est atteinte en 1940. En 1942, lors d'une élection fédérale partielle, elle se présente en tant que candidate « indépendante-libérale » dans la circonscription de Charlevoix—Saguenay.

En 1946, elle adhère au parti Co-operative Commonwealth Federation (CCF), connu en français sous le nom de Parti social-démocratique (PSD). Elle devient vice-présidente du PSD en 1948. Elle dirige la section québécoise du PSD de 1951 à 1957. Elle devient ainsi la première femme à être chef d'un parti politique au Québec. C'est une adversaire politique de Maurice Duplessis. Elle est candidate du PSD en 1952 lors d'une élection fédérale partielle dans Outremont—St-Jean, ainsi que lors des élections générales fédérales de 1953 (dans Jacques-Cartier—Lasalle), de 1957 (dans Villeneuve) et de 1958 (dans Jacques-Cartier—Lasalle) et candidate du Nouveau Parti démocratique (NPD) dans Outremont—St-Jean lors des élections générales fédérales de 1962 et de 1963.

En 1966, elle fonde la Fédération des femmes du Québec pour coordonner les divers organismes de la province constitués de femmes; le regroupement est reconnu au Canada en 1967, année choisie par les Nations Unies pour célébrer les droits de la personne. Elle occupe aussi la présidence de la Ligue des droits de l'homme, du Comité du secours médical du Québec au Viêt Nam et de la section francophone de l'Association canadienne pour l'éducation des adultes. Elle est également vice-présidente du Comité consultatif de l'administration de la justice au Québec.
En 1969, elle devient présidente québécoise de l'Association des consommateurs du Canada, dont les pressions ont conduit à la création du poste de ministre canadien de la Consommation.

En 1970, le premier ministre Pierre-Elliott Trudeau la nomme au Sénat du Canada, où elle siège comme sénatrice indépendante. Elle n'y siège que neuf mois avant d'atteindre 75 ans, l'âge limite pour occuper la fonction.  En 1980, elle est nommée à l’académie des Grands Montréalais.

Source : Wikipédia

Crédit photo : A. Larose/Bibliothèque et Archives Canada/PA-178194