Andrée Langevin 1927-2009

1978 Culturel Culturel

Auteur de cinq romans, Langevin perd ses parents alors qu'il est en bas âge et vit sept années dans un orphelinat, une expérience qui marquera profondément ses romans. Diplômé du Collège de Montréal, il entre au journal Le Devoir en 1945, où il est responsable de la section littéraire jusqu'en 1948. Il écrit aussi des articles et des chroniques sur la politique, la culture et l'éducation dans Le Temps, Liberté, Le Nouveau Journal et le magazine Maclean’s, et remporte le prix Liberté en 1967 pour son travail journalistique. Les romans de Langevin, influencés par l'existentialisme français, mettent en scène des personnages luttant pour échapper à leur désespérante solitude et pour arriver à une communication et à une identité véritables dans un monde hostile. Il en résulte souvent un échec qui rassemble les éléments fatidiques de la tragédie classique. Son premier roman, Évadé de la nuit (1951), un drame convaincant sur l'incommunicabilité entre les êtres, est suivi de son ouvrage le plus célèbre, Poussière sur la ville (1953). Dans ce roman, il relate la tragédie d'un jeune médecin dans une ville minière qui lutte contre sa destinée et qui s'efforce vainement de trouver un sens dans un monde absurde. De la même façon, Le Temps des hommes (1956) présente des personnages qui apparaissent comme les jouets d'un sort cruel : dans un camp de bûcherons du Nord québécois, un prêtre défroqué se détourne de Dieu pour aider les gens, mais n'arrive ni à sauver l'âme d'un meurtrier ni à racheter la sienne.

Dans L'Élan d'Amérique (1972), ouvrage symbolique complexe, un homme et une femme tentent de concilier leur passé et leur présent, tandis qu'Une Chaîne dans le parc (1974) reprend plusieurs des thèmes de son premier roman dans le récit d'un jeune orphelin qui, subissant violence et indifférence de la part des adultes, se réfugie dans un monde imaginaire. Il est aussi l'auteur de plusieurs dramatiques pour la radio, de nouvelles et de deux pièces de théâtre : Une nuit d'amour (1954), qui se passe dans l'Acadie du XVIIIe siècle, et L'Œil du peuple (1957), une satire sur la politique municipale et sur le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis. André Langevin fut récompensé pour l'ensemble de son œuvre en remportant le prix Athanase-David, en 1998.

André Langevin a été nommé à l’académie des Grands Montréalais en 1978.

Source : L’Encyclopédie canadienne

Auteur : Colin Boyd